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Retenu au Levant, tendu vers le Ponant

  • 1 mai
  • 2 min de lecture

Avant l'Atlantique, il y a une pause. La route vers Sainte-Anne-des-Monts n'a rien d'une formalité. Départ tôt de Québec, avec l'idée simple de prendre de l'avance sur la dépression. Mais le Saint-Laurent ne se laisse pas faire. Quand le courant n'est pas avec nous, Cocorico IV n'avance presque plus. Comme retenu. Comme si ce continent ne voulait pas encore nous laisser repartir vers l'Europe. À bord, il faut s'adapter. Sans relais à terre pour anticiper les escales et ouvrir les options, les décisions se prennent autrement. À la carte. À la voix. À l'instinct. Rimouski s'impose. Un grand quai en béton. Abrité. Solide. Pas forcément ce qu'on imaginait. Mais exactement ce qu'il faut. Le contact est pris en amont. Julien, le harbormaster, sera là pour l'accostage. Les pontons viennent juste d'être installés, leur fiabilité n'est pas encore garantie. Alors pour une nuit, on reste au quai. Simple. Efficace. Le lendemain, une accalmie. Le bon moment. On glisse jusqu'au ponton. Cette fois, le bateau est posé. En sécurité. Sous les fenêtres de la capitainerie. Et puis il faut regarder plus loin. Depuis quelques jours déjà, une décision prend forme. Les routages sont clairs. L'Atlantique ne propose rien de propre. Rien de cohérent pour un convoyage. On pourrait y aller. L'équipage en est capable. Cocorico IV l'a déjà montré. Mais ce n'est pas là le sujet. Ce qu'il faut, c'est rentrer. Bien. Et rentrer prêt. L'objectif n'a pas changé. Brest. Les équipes ont fait en sorte qu'on puisse y aller. Mais des optimisations, des ajustements, des mises à jour sont déjà prévus là-bas. Forcer une fenêtre maintenant, c'est prendre un risque inutile. Alors la décision tombe. Claire. Assumée. Attendre. Ce n'est pas un arrêt. C'est une mise en tension. La frustration est là, forcément. On l'imaginait déjà sur la route pour rallier la cité du Ponant, étraves pointées vers la rade, porté par un flux d'ouest. Mais il faudra patienter encore un peu. À quai, il ne dort pas vraiment. Il attend. L'équipage rentre. Éric, Théo, Maël, Jonathan. Une pause nécessaire pour les hommes aussi. Le bateau reste, sous bonne garde. Julien veille. Ce qu'on vient de traverser compte déjà. Les Grands Lacs. Le Saint-Laurent. Plus de 2 000 milles depuis Chicago. Des écluses, des ponts, des grains, de la glace, des rencontres. Un bateau qui s'est révélé. Un équipage qui s'est construit. La suite est connue. L'Atlantique. Puis Brest. Rien n'est remis en question. Tout se prépare. Le Ponant attend. On sera prêts.



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