Quebec - Du lac au fleuve
- 29 avr.
- 2 min de lecture
Départ dans l'après-midi. Un coup de vent passe le matin, Théo arrive par le train à midi. Pas de débat. On attend. Cap à l'est. Direction les Mille-Îles. L'objectif : arriver à l'entrée à l'aube pour traverser de jour. Bonne idée sur le papier. Évidence dans les faits. Aux premières lueurs, le décor change. Des îles partout. Des passes étroites. Une lumière basse sur l'eau. On avance au moteur, on bricole, on observe. Le regard est dehors. Escale au Yacht Club de South Stormont. Vingt-deux mètres de ponton. Vingt centimètres sous les appendices. L'équipage est rodé, le bateau extrêmement maniable. Ça passe. Toujours. Après deux écluses côté américain, le retard s'accumule. Et surtout : la voie navigable n'est pas entièrement ouverte. On est encore hors saison. On change de plan. Cap sur Salaberry-de-Valleyfield. Seul point d'amarrage possible : le ponton carburant. Le chenal d'accès est plus étroit que la largeur du bateau. Progression lente, un équipier sur chaque flotteur. À l'entrée, un virage à 90° avec peu de marge. La météo est avec nous. On rentre. Nuit courte. Départ à l'aube pour enchaîner les dernières écluses d'une traite. Le paysage devient plus brut. Le fleuve est large mais la route reste contrainte, bordée d'installations énergétiques. Entre deux écluses, un cargo qui remonte. Il prend plus de la moitié du chenal. On serre les fesses. On se concentre. Et ça passe. Dernière écluse. En amont de Montréal. Fin de la voie navigable. On avait prévu une escale. Ce sera pour une prochaine fois. Depuis là, le courant s'installe. Fort. Les bouées coulent de plus d'un mètre par moments. Comme le dit très bien Théo : « un peu de courant dans le ruisseau ». On change d'échelle. Ici, il faut compter avec les marées. Le fleuve a changé de nature. Arrivée à Québec City. Le poste prévu est inutilisable; des branchages, jusque dernièrement gelés sur les berges, charriés par le fleuve, engorgent le fond du port. Mais à Québec, on n'est pas seuls. Michel, directeur de course de la Québec-Saint-Malo, met son réseau en mouvement. On accoste finalement sur le quai du groupe Ocean. Une belle aubaine. Escale rapide. Du carburant. Pas d'avitaillement; la fenêtre est trop étroite, la dépression qui rattrape ne laisse pas le choix. Les vivres que Damien avait préparés avant de prendre l'avion restent à quai. C'est du confort. La priorité, c'est les hommes et le bateau. On repart. Cap à l'est. Direction Sainte-Anne-des-Monts






















Commentaires