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Feel the rhythm, feel the ride !

  • 15 avr.
  • 2 min de lecture

Chicago est derrière nous. On a quitté le ponton tôt lundi matin. Le lac Michigan s’est ouvert devant nous. Après des semaines de chantier, de préparation, d’essais et d’ajustements, ça y est. Le vrai départ. Le convoyage. La longue route vers Brest. Les premières heures ont été douces. Le lac de bonne humeur, le bateau qui trouve son allure, l’équipage qui trouve la sienne. Comme un grand souffle collectif après tout ce qui a précédé. Puis la nuit est tombée. Et avec elle, l’orage. Il était annoncé, mais ni son intensité ni sa vitesse d’évolution ne l’étaient vraiment. Il a grossi, plus vite et plus fort que prévu. Les Grands Lacs ne laissent pas beaucoup de temps pour l’apprivoisement. Des rafales à 45 nœuds. Un ciel noir et nerveux, traversé d’éclairs qui transforment l’horizon en scène de théâtre. Un grain de lac comme ils savent les faire : soudain, violent, sans prévenir. L’équipage a réagi vite. Chacun à sa place, pas de panique, pas de gestes inutiles. La mise en sécurité est rapide et propre. Une fuite vers le sud, nécessaire pour ne pas se retrouver à prendre encore plus fort. Dans le bruit et les embruns, quelque chose devient évident : ce trimaran est solide. Pas seulement sur le papier. Solide dans l’eau, sous pression, dans le noir. Il encaisse comme une machine de course doit le faire. Cette nuit-là confirme quelque chose. On ne fait pas que déplacer un bateau. On l’apprend. Et il commence à nous répondre. Le matin, plus de vent, plus de pluie, mais une visibilité réduite à environ 300 mètres. Ce calme relatif permet de réparer les hommes et la machine : bilan du bord, une latte cassée. Elle était identifiée comme fragile, une pièce de rechange avait été prévue. Escale à Frankfort. Un port tranquille sur la rive est du lac Michigan. Une vraie nuit, quelques heures de sommeil sans interruption. Du ravitaillement à bord. Le temps de souffler. Et un changement d’équipage. C’est ça aussi, un convoyage. Des gens arrivent, des gens repartent. Chaque étape a ses hommes. Chaque quart a son rythme. Le bateau reste le même. L’équipage s’adapte. Aujourd’hui, on reprend la route vers le nord. Direction : les Straits of Mackinac. Le passage entre le lac Michigan et le lac Huron. Un nom qui ressemble à de la géographie, mais qui a le goût de quelque chose de plus grand. Ensuite : le lac Huron. Puis cap au sud. Detroit. Un lac à la fois.


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