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Detroit, entre États-Unis et Canada.

  • 20 avr.
  • 2 min de lecture

Detroit, entre États-Unis et Canada. Port Austin derrière nous. La dépression est passée. On reprend la route, pleins d'énergie, pour en finir avec le lac Huron. Un peu de moteur, puis le vent bascule. Deux heures plus tard qu'annoncé ; la micro-météo, on commence à connaître. Mais il est là. On file à 20 nœuds vers Port Huron. On rate le jour, on gagne la nuit. Sous le Blue Water Bridge, les lumières de la ville font le spectacle. Le canal est chargé. Deux cargos sortent. Les coastguards locaux, intrigués par un voilier qui déboule à 20 nœuds à l'AIS, viennent à notre rencontre. On affale, deux boucles, on laisse passer. Zone safe. Ils font demi-tour. Le Yacht Club de Port Huron nous accueille. Poste à quai dans un affluent, à 90° du chenal. Courant, vent. Changement de programme : on entre en marche arrière, bâbord à quai. L'équipage trouve un dernier regain. Concentration jusqu'à l'amarrage. Belle manœuvre. Juste en amont, les coastguards. Forcément, ça intrigue. Ils montent à bord, visitent. Et cette phrase, encore, qui pourrait à elle seule résumer le projet : « You are crazy men. » Christophe et Marc, restés à terre pour la logistique, nous ont préparé une soirée dans un bar du coin. Samedi, musique forte, monde. On avait besoin de ça. Se reconnecter. Le lendemain, cap sur Detroit. Moteur obligatoire dans les canaux. Il caille, il neige par moments. Sous les grains, des claques à 25 nœuds, trop instables, pile dans l'axe. Le J3 vient appuyer le moteur pour traverser le lac St Clair. Pas la peine de forcer le talent : Detroit n'est plus loin. À terre, on prépare l'arrivée. Photos, croquis de la manœuvre. Le courant peut atteindre 8 nœuds ; une boucle, puis tribord à quai. Belle manœuvre. Belles lumières. Bel accueil. Dîner au Yacht Club. Enfin autre chose que la bouffe du bord. Les Yacht Clubs, c'est une mentalité à part. Les membres viennent à notre rencontre. « Crazy men… ». Logés sur place, dans le seul appartement de l'institution, l'équipage souffle. C'est aussi la fin de l'aventure pour deux des nôtres. Gwen repart en France pour embarquer sur un Ocean Fifty en Méditerranée. Jean-Yves, avec nous depuis le début, s'offre des vacances bien méritées en Amérique du Nord. À l'aube, en équipage réduit, on reprend la mer. La journée devait être l'une des plus froides de la semaine. À l'heure où j'écris ces lignes, il fait 15 degrés, le soleil tape fort. Le lac Érié s'ouvre devant nous. Le dernier des Grands.


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