Chicago - Premiers bords
- 11 avr.
- 2 min de lecture
On sort enfin de la Calumet River. Après trois semaines de chantier, Cocorico IV quitte les berges de Crowley's pour aller chercher de l'espace. Direction le lac Michigan. De l'eau libre. Du vent. Et surtout : du mouvement. Les premières manœuvres s'enchaînent. Grand-voile hissée, vérifications, réglages. Tout est observé, écouté, ressenti. Et puis ça part. Peu de vent, des conditions légères. Mais la glisse est là. Franche, immédiate. Les premiers bords. La glisse. Franche, immédiate. Le bateau accélère, se libère. On le découvre vraiment. Après des semaines à le réparer, l'ajuster, le comprendre à l'arrêt, il parle enfin. Ce qu'il dit est simple : il est né pour ça. Une confirmation. Et du plaisir pur. Mais Chicago ne se quitte pas comme ça. Le docker des ponts de la Calumet River attendait ce moment. Il l'a eu. Voir le pont de la 92e rue s'ouvrir pour laisser passer notre bateau, avec ses 28 mètres de mât. À bord, on retient son souffle. Ça passe. Largement. Mais la sensation reste. Le territoire sait ce qu'il accueille. Le Chicago Yacht Club nous l'a confirmé avec une invitation à dîner. Pas un geste de politesse. Une reconnaissance. Ce bateau détient le record de vitesse sur la Chicago-Mackinac : 289 milles en 12h30. Le voir prêt à repartir avec une nouvelle équipe, ça compte. Les voileux du coin ne s'y sont pas trompés. Gwen nous rejoint pour prendre le lead sur la navigation jusqu'à Montréal. Il connaît le multicoque, il connaît les ORMA; il a navigué sur Sopra à l'époque. Un régatier exigeant. Après une première journée à bord, il a dit : "Bravo les gars pour le job, c'est propre." Pas pour faire plaisir. Parce que c'est vrai. Un mois en vase clos, loin de chez soi. Ce que ça crée, le bateau qui navigue l'efface. L'équipe est fatiguée. Mais dans cet épuisement, il y a autre chose : du soulagement. Le bateau tient ses promesses. Il est vif, solide, immédiat. Les conditions de dimanche ne sont pas favorables. Appareillage lundi à l'aube. Chicago était un point de départ. Une étape forte. Mais pas une destination. Adieu Chicago.






















Commentaires