Chicago - jour 10 - Chantier Crowley's
- 28 mars
- 2 min de lecture
Dix jours de chantier. Et on commence vraiment à le connaître. La météo est capricieuse. Froid le matin, parfois du soleil l'après-midi, puis le froid qui revient. Pour les hommes, ça use. Pour les reprises de structure, ça complique. Jeudi, on a eu un aperçu très concret de ce que ces eaux peuvent réserver. On est passé de 18 degrés avec 5-6 nœuds de vent de sud à 0 degré et 25 nœuds de nord. En moins d'une minute. C'était annoncé. Mais pas si tôt. Avec un bateau comme notre ORMA, ce type de bascule peut vite compliquer les choses. Ce sont des machines extrêmes, sensibles, qui ne pardonnent pas les transitions mal anticipées. Les côtes de cette "grande flaque" restent imprévisibles. Maël nous a rejoints pour le matelotage. Une bonne nouvelle dans un agenda qui s'accélère. Le mât et le gréement sont en cours d'expertise. On attend le dormant neuf pour la mise en place. Ça avance. Pas toujours vite. Mais ça avance. La décoration est presque terminée. L'ORMA French Touch prend sa forme définitive. Les foils, c'est autre chose. Quelques points restent en suspens. Toutes les options sont à l'étude. Rien n'est écarté. La fatigue commence à se faire sentir. Dix jours de chantier, le froid, et le décalage horaire avec la France pour les prises de décision. Les échanges se font tard le soir pour les uns, tôt le matin pour les autres.. L'équipe tient. Et elle continue. Le chantier Crowley's borde une rivière chargée d'histoire. Des ponts industriels qui s'ouvrent au passage des barges. Une ancienne terre d'aciérie reconvertie. On travaille dans un environnement à part. Un peu hors du temps. Le trimaran, avec ses lignes de course, tranche dans ce décor. Dans le même chantier, Abracadabra, ancien bateau de la Coupe de l'América, est laissé à l'abandon. Il ne repartira probablement pas. La mise à l'eau approche. À chaque passage à bord, des confirmations. Et des questions. Sur les reprises d'effort, sur l'usure, sur ce qu'il faut renforcer. Et comment intervenir sans dégrader l'existant. On découvre encore le bateau; dehors, dedans, jusqu'au carbone brut des cloisons; on apprend. On ajuste. La priorité est claire : permettre à l'Orma French Touch de rallier Brest dans des conditions de sécurité optimales. Quitte à, pour l'instant, mettre la performance de côté. C'est ça, aussi, un projet sérieux. Tout le monde donne son maximum. On continue.




















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