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Chicago - 3 semaines - Il flotte enfin !

  • 7 avr.
  • 2 min de lecture

Il flotte. Trois semaines. Des décisions, des imprévus, des ajustements permanents. Il a fallu comprendre le bateau, s'adapter, avancer étape par étape. Et enfin, Cocorico IV est à l'eau. Il y a des moments où tout ce qui a précédé prend sens d'un coup. C'est un peu ce que ça fait, de voir cet ORMA flotter sur l'eau après des semaines de chantier à sec. Une machine de course dans son élément. On l'avait imaginé comme ça. C'est exactement comme ça. Sauf qu'on ne l'avait pas encore vraiment vu. Trois semaines à travailler dessus, dessous, dedans. Le nez dans le carbone, les mains sur le gréement, accroupi sous les foils à inspecter, à poncer, à reprendre. On connaît chaque centimètre de sa carène. Mais sa silhouette complète, avec le mât dressé, vu de haut, de loin, dans l'eau : c'est ce lundi que ça s'est passé. Comme une première rencontre. Ou plutôt comme si on le voyait pour la première fois tel qu'il est vraiment. Un bateau à l'eau, c'est autre chose que sur bers. C'est encore plus vrai avec un trimaran. Christophe et Éric ont rappliqué pour les derniers jours. Bien tombés. Plus de bras, plus d'énergie, et une façon de clore ce chantier ensemble qui avait du sens. C'est un projet d'équipe. Ça s'est confirmé ici, dans ce chantier Crowley's qui n'a rien d'un cadre glamour, entre les barges qui passent et les ponts qui s'ouvrent. Rick est passé aussi. L'ancien proprio. Il n'est pas venu regarder de loin ; il a retroussé les manches, mis les mains dedans, fait en sorte que ça se passe bien. Voir quelqu'un tenir autant à un bateau qu'il a cédé, ça dit quelque chose sur ce que peuvent faire ressentir ces machines. Ce qui a changé aujourd'hui, c'est dans la tête de l'équipe. On parle moins ponçage, plus convoyage. Moins résine, plus météo. Les conversations ont tourné dans la journée, naturellement, sans qu'on s'en rende compte. Les Grands Lacs, le Saint-Laurent. Plus tard l'Atlantique. Les premières étapes. Ce qu'on va trouver, ce qu'il faudra gérer : les écluses, les ponts, le trafic commercial, les premières nuits de mer. Il reste des réglages. Il reste du chemin. Brest n'est pas au bout du quai. Mais à cet instant, on a tous la même image en tête : ce trimaran bleu blanc et rouge sur l'eau verte de la Calumet River, le mât dressé, les lignes tendues. Bientôt prêts.


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