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Canal de Welland: Cathédrales de béton

  • 23 avr.
  • 2 min de lecture

Nuit courte. Départ à l'aube. Il faut quitter l'Érié. Pour passer sur l'Ontario, huit écluses. Le canal de Welland. Rendez-vous donné par la régulation à 07h00. Ponton d'attente. On y est. La première écluse s'ouvre à midi. La matinée a déjà été longue. Le reste le sera aussi. Météo parfaite. Soleil, pas de vent. Une lumière presque douce pour traverser ces cathédrales de béton avec un « petit » bateau en carbone. Les écluses sont longues. Faites pour des navires de commerce. Et pourtant, en gabarit, ils ne sont pas si loin de nous. Deux mètres de marge de chaque côté. Parfois moins. Impressionnant. Même après plusieurs passages. Les manœuvres demandent de la précision. Rien d'extrême. Rien d'automatique non plus. L'équipage est en place. Concentré. Le bateau, lui, est docile dans ces conditions-là. Les ponts s'ouvrent. Se lèvent. Encore et encore. Au début, on levait la tête pour vérifier. Maintenant, non. On sait que ça passe. On fait confiance à la régulation. Et puis, depuis le pont, on n'a pas la bonne perspective. On regarde quand même. On ne s'en lasse pas. Une marche après l'autre, on descend vers l'Ontario. Derrière les grillages, des silhouettes s'arrêtent. Filment. Photographient. Visiblement, ce n'est pas une scène si fréquente ici. À mi-parcours, visite des agents du CSBA. Les services frontaliers du Canada. Pas seulement curieux du bateau. Ils font leur travail. La veille, Damien avait fait la clearance par téléphone. Mais la base de données n'a pas suivi. Le système ne nous retrouve pas. On recommence. Papiers du bateau. Passeports. Vérifications. Ça rentre dans l'ordre. On peut repartir. Dernière écluse. On est déjà demain. Quatre-vingt-dix mètres plus bas, l'Ontario nous attend. Et les 28 milles qui suivent seront les plus longs du voyage.


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